Nous avons tous besoin d’amour pour vivre. Donc, il n’y a aucun mal à s’attacher à l’autre. Toutefois, cela devient symptomatique dès qu’on est face à une souffrance intense ou à un sentiment d’abandon. Il y a alors une difficulté à vivre sans l’autre et une dépendance nait, engendrant des difficultés relationnelles au quotidien. Les personnes qui en souffrent vivent l’amour comme une drogue qui leur permet de se sentir en vie. L’absence du partenaire plonge les dépendants affectifs dans un état de manque douloureux, engendré par la peur de l’abandon. Ils ne supportent pas la solitude et veulent plaire aux autres à tout prix. Ils recherchent leur approbation, évitent les disputes et les désaccords, même lorsqu’ils ne sont pas en tort. Ils sont incapables de prendre leur distance ou de rompre.

Qu’est-ce que la dépendance affective

La dépendance affective est une réponse à un amour blessé et déçu, souvent remontant à l’enfance et dont la cause peut être involontaire : un déménagement, une séparation entre les parents, un décès… Il s’agit d’une perte non acceptée et d’un deuil incomplet qui continue à faire souffrir les dépendants affectifs. Ils sont possessifs, jaloux, envahissants, à la recherche d’une fusion totale, pourtant impossible, avec l’autre.

Quels sont les signes de la dépendance affective ?

Certains profils sont plus vulnérables que d’autres. Ignorer cette prédisposition rend les personnes concernées encore plus fragiles. En effet, tout amoureux est dépendant de l’aimé… jusqu’à un certain degré. Les séparations momentanées sont bien vécues et acceptées. Elles s’accompagnent même d’une anticipation permettant d’apprécier les retrouvailles. L’amoureux serein ne redoute pas l’abandon. Il apprécie de consacrer du temps à ses loisirs personnels et à ses relations amicales et familiales. Le dépendant affectif dont la dépendance peut s’appliquer aussi à d’autres volets de sa vie (à travers l’alcool, le jeu, les drogues, le sport, le travail) réagira avec angoisse. Le psychologue américain Gregory L. Jantz, fondateur du Center for Counselling and Health Ressources a identifié 9 signes de la dépendance affective.

signes de la dépendance affective

9 signes de la dépendance affective

  1. Les prises de décision doivent être validées par un tiers.
  2. Il délègue aux autres membres de sa famille les responsabilités dans les domaines importants de la vie.
  3. Il a peur des conflits et a peur d’être rejeté. Il redoute l’exclusion et évite toute forme de désaccord avec ses interlocuteurs.
  4. Il ne réussit pas à démarrer les projets ni à faire les choses par lui-même.
  5. La solitude l’angoisse.
  6. Il pense que tout ce qui va mal est de sa faute.
  7. Il se sent obligé de satisfaire les autres, sous peine d’être rejeté.
  8. Il a absolument besoin de se sentir validé par les autres, approuvé et réconforté dans tout ce qu’il fait.
  9. Il n’est pas en mesure d’instaurer des limites relationnelles saines et de les défendre correctement.

Si vous vous êtes reconnu dans 5 signes parmi les 9 listés, vous présentez, selon Gregory L. Jantz, une forte tendance à la dépendance affective. L’aide d’un professionnel est, dans ce cas, fortement recommandée. Mais La prise de conscience de vos zones de vulnérabilité permet d’ouvrir une réflexion :

Réflexion- dépendance affective

Quelques pistes de réflexion

  1. Prenez des initiatives sans attendre la validation de qui que ce soit
  2. Donnez-vous le temps de réfléchir, ne vous engagez pas auprès des autres, ne promettez pas de prêter main forte, d’accorder de l’argent ou toute autre aide, à moins que vous n’en soyez clairement convaincue. Ne vous sentez pas dans l’obligation de faire les choses malgré vous.
  3. Célébrez vos exploits personnels. Listez les accomplissements que vous avez réalisés sans l’aide de personne (mêmes les plus petits).
  4. Consacrez-vous du temps, rien que pour faire les choses qui vous aimez vraiment. Ne rendez compte à personne.
  5. Ne témoignez pas votre affection dans le seul but d’en recevoir. Attendez de ressentir les choses pour les exprimer.
  6. Ne devancez pas les demandes et les désirs de l’autre. N’anticipez pas et n’essayez pas de faire plaisir. Au contraire, laissez les demandes s’exprimer avant de penser à leur satisfaction.
  7. N’attendez pas que les autres expriment leurs avis pour livrer le vôtre. Ne cherchez pas à faire plaisir à la majorité.
  8. Évitez à tout prix les questions intrusives de l’ordre « à quoi tu penses ? », « c’était qui au téléphone ? » et surtout, surtout, ne lui demandez jamais la question: « tu m’aimes ? ». Vous révélez une dépendance plus grande que votre amour.
  9. Savourez chaque petite victoire que vous aurez remporté sur cette dépendance. Prenez des notes sur votre journal, collez des post-it sur le miroir de la salle de bain… Mesurer vos progrès, rebooste votre motivation.

Comment s’exprime la dépendance affective dans le couple ?

Durant l’absence de son partenaire, la personne dépendante ne peut s’empêcher d’éprouver de l’angoisse. Elle est dans l’attente d’un téléphone qui ne sonne pas ou d’un message qui ne s’affiche pas. Elle ne peut pas s’imaginer mener une vie en dehors de son couple. Elle n’envisage jamais de sortir seule voir ses amis, ou de mener des activités individuelles sans son conjoint. Elle est possessive et jalouse, surveille les faits et gestes et va même jusqu’à lui fouiller ses poches et son courrier. La peur de l’abandon la fige et l’empêche de réfléchir calmement. Les personnes dépendantes ont besoin de l’autre pour se sentir «complète». Elles relient leur existence à celle de leurs partenaires dont l’amour est perçu comme sécurisant. Cette dépendance peut aussi bien être financière qu’intellectuelle ou même sexuelle. Il arrive aussi que le partenaire entretienne cette dépendance en alimentant une forme d’emprise affective qui s’exprime à travers une protection un peu trop importante. Or le besoin constant d’attention du dépendant affectif, étouffe souvent le partenaire. Les moments de retrait et de solitude, nécessaires au ressourcement intérieur de chaque personne, lui sont interdits. La personne souffrant de dépendance affective, risque de provoquer malgré elle, ce qu’elle redoute par-dessus tout : la rupture.

dépendance affective

Pour le conjoint, il n’est pas évident de se sentir sollicité continuellement. Il doit rassurer le partenaire en permanence et avoir une attitude aimante et bienveillante constamment, sans se sacrifier pour autant.

Est-il vraiment nécessaire de consulter ?

Une remise en question est en tous cas nécessaire. Mais si une personne est en souffrance, qu’elle surveille constamment les faits et gestes de son partenaire, qu’elle craint les prises de décision individuelle, alors une thérapie en profondeur s’impose et une thérapie de couple peut être salutaire pour les deux. La personne souffrant de dépendance affective devra apprendre à gérer son angoisse: il faudrait ainsi qu’elle comprenne qu’en dépit de son immense violence, cette angoisse finit par passer. Pourtant, il n’est pas facile de relativiser lorsqu’on se retrouve obsédée par la pensée : « il est avec une autre» ou encore « il est en train de me tromper». Il faudrait s’inventer ses propres mantras rassurants « je me fais des idées, je suis tiraillée par mes suspicions », « je ne redoute aucune autre femme, je suis belle telle que je suis », « il m’aime, je choisis de lui faire confiance, il va revenir ». Idéalement, il faudrait se concentrer sur les pensées valorisantes qui ne tournent pas autour du partenaire. Il vaut mieux se forcer à regarder sa peur et sa colère. Et pour ne pas faire de bêtise qu’on finira par regretter, comme de se précipiter sur son téléphone, appeler l’autre puis s’énerver, se disputer et pleurer : il vaut mieux aller prendre une douche froide ou un bain chaud, ou encore taper dans un sac de sable au lieu de crier sa colère, les personnes dont le tempérament est moins bouillonnant pourraient s’engager dans un exercice de respiration. L’essentiel étant de renouer avec soi, de s’accorder du temps et de se décentraliser par rapport à l’autre. Adopter des activités sportives, manuelles ou artistiques dont on peut mesurer les évolutions, permettent également de reprendre confiance en soi et de se réapproprier son corps et ses besoins.

Les personnes souffrant de dépendance affective, ont beaucoup de difficulté à croire les gestes affectueux de l’aimé, car elles souffrent d’une faible estime de soi. Elles ne se croient pas dignes d’amour ou d’attention. Et s’il fallait commencer quelque part, ça serait bien à ce niveau-là : il faut apprendre à s’aimer, vraiment.


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Source: La Sultane