La ­lecture ­n’est­ pas ­une ­activité ­ordinaire.­On ­ne ­peut pas lire en pensant à ses occupations quotidiennes ou à ses soucis, ­car ­la ­lecture ­exige ­que ­l’on ­ne ­voie que le mot, la phrase, pour saisir le sens, construire une ­image. ­Si le cerveau ­ne­ se­ concentre ­pas­ sur­ la ligne, ­on ­ne ­lit ­pas.­Cette parenthèse ­est ­en ­r­éalité, une ­porte ­ouverte ­sur une autre­ sphère. ­Une­ sphère qui nous permet de nous isoler, de nous couper de ­notre ­monde, ­de ­réfléchir, ­de ­trouver ­un ­répit indispensable à notre équilibre. Et puis, qui sait ? Cela­ nous ­p­ermettrait­ peut-être­ de ­nous­ améliorer,­ de vouloir ­changer ­de ­vie­ et ­de­ grandir.

Les bienfaits de la lecture

La lecture permet souvent au lecteur de s’identifier aux personnages, aux situations vécues et contribue à le sortir de cette solitude qui nous laisse penser ceci: personne ne peut concevoir ce que nous traversons. Mais, lorsque l’on se sent compris dans sa colère, son chagrin, sa douleur, l’apaisement devient possible. Cela n’est pas sans rappeler la fonction des contes pour enfants qui permettent d’expliquer aux plus jeunes des notions telles que la mort, la perte, la tolérance… Lorsqu’ils suscitent des émotions, les livres font sauter certains verrous, révèlent certains nœuds. Ils peuvent faciliter l’introspection, libérer une sensibilité, encouragent l’acceptation d’un sentiment. La lecture peut aussi, plus simplement, stimuler l’imagination, contribuer à l’enchantement. Nous sommes dans la découverte, dans le Beau. Il existe un nombre infini d’ouvrages intéressants, inspirants, émouvants, divertissants. Ici, une petite liste subjective et non exhaustive de livres à dévorer :

Les plaisirs de la lecture

Lecture #1 : Ensemble c’est tout

Un roman de Anna Gavalda (2004) retraçant la rencontre de quatre personnages que l’existence a blessé. Tout d’abord Philibert, un monsieur timide et bourré de TOC, issu d’une famille d’aristocrates. Il bégaye quand il parle. Passionné d’histoire, lui qui n’a jamais osé passer son concours pour devenir professeur, travaille dans un musée et vend des cartes postales. Il habite dans un grand appartement appartenant à sa famille. Il y vit avec Franck, un jeune cuisinier au caractère de cochon et un peu perdu qui n’a plus pour famille que Paulette, sa grand-mère. Celle-ci vient d’apprendre, après son dernier séjour à l’hôpital, qu’elle ne pourra plus rentrer chez elle et son jardin lui manque déjà. Enfin, nous avons Camille qui vit dans le même immeuble que Franck et Philibert. Écorchée à vif, elle se réfugie dans ses dessins pour cacher ses blessures. Le hasard les amènera à se réunir et de disputes en réconciliations, ils apprennent à se connaître, à s’aimer à s’accepter et reprennent goût à la vie. Ce livre nous apprend que lorsqu’on dépasse les apparences, on découvre de petits trésors cachés, car derrière la colère, l’agressivité et la distance, se cachent souvent des mécanismes de défense qui dissimulent assez maladroitement une demande d’amour.

Lecture #2 : Le secret de la manufacture de chaussettes inusables

Un roman de Annie Barrows (2015). Un nom farfelu quand on se dit que le titre original est The truth according to us. Le résumé du livre nous dit ceci : « Eté 1938. Layla Beck, jeune citadine fortunée, refuse le riche parti que son père lui a choisi et se voit contrainte, pour la première fois de sa vie, de travailler. Recrutée au sein d’une agence gouvernementale, elle se rend à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville. L’été s’annonce mortellement ennuyeux. Mais elle va tomber sous le charme des excentriques désargentés chez lesquels elle prend pension. Dans la famille Romeyn, il y a… La fille, Willa, douze ans, qui a décidé de tourner le dos à l’enfance… La tante, Jottie, qui ne peut oublier la tragédie qui a coûté la vie à celui qu’elle aimait… Et le père, le troublant Félix, dont les activités semblent peu orthodoxes. Autrefois propriétaire de la manufacture, cette famille a une histoire intimement liée à celle de la ville. De soupçons en révélations, Layla va changer à jamais l’existence des membres de cette communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées. » Une lecture qui nous tient en haleine et dont on n’arrive pas à décrocher, même si l’installation des personnages est un peu longue au départ, avouons-le. Un récit entrecroisé, une histoire racontée à travers la prise de parole des protagonistes, ce livre surprend, stimule l’imagination et notre esprit de déduction.

Lecture #3 : Les chaussures italiennes

Un roman de Henning Mankell (2009), suivi de Les bottes suédoises. Ce livre peut être vécu comme une épreuve pour les personnes qui éprouvent le besoin de se pardonner à elles-mêmes. Et c’est probablement la meilleure raison pour le lire. C’est l’histoire de Frederick Welin, un chirurgien qui a quitté son poste après avoir commis une erreur médicale. Il vit en retrait de la société, mais sa routine est chamboulée lorsque son amour de jeunesse, condamnée par un cancer, lui demande d’accomplir une promesse qu’il lui a faite il y a 40 ans. Ce livre nous pousse à nous interroger: comment continuer à vivre après avoir commis une erreur irréversible ? Comment se faire pardonner par la personne à qui l’on a nui ? Comment sortir de sa culpabilité et comment se pardonner? Pourquoi choisit-on d’anesthésier ses émotions pour souffrir moins ? Car la culpabilité change la vie d’un homme et la culpabilité n’aide pas à dépasser son drame personnel. Comment trouver le salut et la rédemption ? Un livre qui parle d’amour et de pardon.

#4 : Contes de la Folie ordinaire

Nouvelles de Charles Bukowski (1972). S’il est un auteur qui ne se l’est jamais raconté, c’est bien Charles Bukowski et c’est probablement la raison de son immense succès (tardif, il faut bien le reconnaître). Cet ouvrage constitue une parfaite illustration de la sincérité crue de son auteur qui disait : « Mais qu’est-ce que la poésie, sinon un torchon humide sur le bord d’un évier?». Dans cette vingtaine de contes nous plongeons dans les bas-fonds américains pour découvrir une ambiance alcoolisée, un univers peuplé de drogues et de prostituées, un monde de paumés. Charles Bukowski ne fait pas semblant. Il est réellement désabusé. À mi-chemin entre l’autobiographie et la fiction littéraire, ce livre n’embellit pas le monde, mais nous dévoile la capacité de l’écriture à transformer le monde. Celui qui se définit comme le « vieux dégueulasse » est un artiste à part entière, car ce livre, même s’il met en scène plusieurs personnages, nous dépeint surtout l’homme qui l’a écrit, celui auquel on s’attache malgré lui.

Lecture #5 : Le Seigneur des Anneaux

De J. R. R. Tolkien. Une trilogie rendue célèbre par son passage au grand écran, elle constitue une œuvre magistrale, la référence première du genre Fantaisie. L’auteur retrace l’épopée de l’Anneau unique, un objet personnifiant le mal et la destruction, forgé par Sauron, le Seigneur des ténèbres, dans le seul but de soumettre les peuples de la Terre du Milieu et régner sur eux. Cet anneau maléfique a été hérité par un jeune Hobbit, Frodon. Celui-ci devra le détruire dans la Crevasse du Destin au cœur des terres du Mordor, pour mettre fin à la menace qu’il constitue. Notre héros sera aidé dans sa quête par d’autres Hobbit, des elfes, des nains, des hommes et un magicien. Dans cet ouvrage l’union fait la force et les différences entre les « races» sont, justement, le point fort de la Compagnie constituée (dans le film, on choisira le terme de communauté de l’anneau). Tolkien emprunte ses «races » à la mythologie nordique: les Elfes sont beaux, loyaux, immortels (quand ils ne sont pas tués) et joyeux, les Nains sont plein de ressources, habiles, persévérants, obstinés, grincheux, les Hobbits sont épicuriens, insouciants, pacifiques et les Hommes sont capables du meilleur comme du pire. Ils s’unissent autour d’un objectif commun (la destruction de l’anneau) et parviennent ainsi, grâce à leurs caractéristiques complémentaires, à générer des situations cocasses et à affronter les pires difficultés.

# 6 : Ma vie d’autiste

Un récit autobiographique de Temple Grandin (2000). Ce livre est un rare témoignage décrivant la vie intérieure d’une femme autiste. D’où le grand intérêt qu’il représente pour toutes les personnes qui souhaiteraient connaître l’autisme un peu mieux, même s’il nous est impossible de comparer le vécu des différents individus qui en sont atteints. L’auteur du livre a mis trois ans pour prononcer son premier mot. Ses échanges avec les autres lui sont pénibles en raison de son hyper-sensibilité aux stimuli extérieurs. Ses interactions lui sont tellement insupportables, qu’elles provoquent des crises et déclenchent un repli sur soi. Temple Grandin finira pourtant par faire des études universitaires et par mener une grande carrière dans les sciences animales et cette autobiographie justement, nous aide à comprendre, dans des mots simples et d’une précision chirurgicale, son parcours exceptionnel.

Lecture #7: La promesse de l’aube

Un récit autobiographique de Romain Gary (1960), où il revient sur ses jeunes années, constituées d’exils (Russie, Pologne puis Nice) et sa relation fusionnelle avec sa maman, une femme fantasque, possessive, dévouée, qui s’imagine un fils au destin exceptionnel. Elle fera mille et un sacrifices, mettra en place toute une panoplie de stratégies, pour payer les meilleurs cours à son fils et lui permettre de devenir un grand homme. Romain Gary rédige ce roman à l’âge de 44 ans. Il est diplomate et écrivain et a exaucé tous les vœux que sa mère avait pour lui. Lui qui ne sait que faire de ses sentiments contradictoires vis-à-vis de celle qui lui a donné le jour, décide de raconter son attachement, sa culpabilité, sa gratitude, sa rancune, sa nostalgie et dédie son ouvrage à « Russe chimérique, idéaliste, éprise de la France, mélange pittoresque de courage et d’étourderie, d’énergie indomptable et de légèreté, de sens des affaires et de crédulité ».


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Source: La Sultane